samedi 30 juillet 2011
Pis y a un chien sur toutes les photos
Y avait la vieille madame de l'autobus avant de partir qui se traînait difficilement sur ses deux jambes pu trop solides mais qui ramenait avec ses bras musclés le 6 pack de Pepsi de son mari. Y a le réveil sur le divan au gros soleil après 3 heures de sommeil comme si on était en camping.Y a le petit baby Batman bouclé blond dans les bras de sa maman qui donne des bisous à tout le monde. Y a moi qui dis que "mes enfants vont être aussi beau qu'ça" pis celle qui veux pas que j'aille d'enfant "parce que j'veux que tu reste mon amie pis que ark ark ark. Des enfants fuck". Y a mon amie-heure-de-gloire que tout le monde arrête dans la rue pour partager un petit bout de son histoire. Mon amie qui pleure derrière ses lunettes en s'excusant parce que "c'est fou j'ai même pas encore pu le vivre on dirait, je réalise pas, je suis tellement désolé". Elle qui n'a pas encore pleuré toutes les larmes de son corps plein de bonheur d'avoir réalisé son rêve de sa vie. Elle qui arrive pas à se rendre compte que "t'imagine j'ai rêvé à ça tellement de fois depuis que j'ai 8 ans". Y a moi qui se reflète dans ses lunettes de beaux yeux qui pleurent de bonheur et qui s'excusent en même temps mais qu'y faudrait tellement pas. Y a le couple qui se marie dans une petite église au milieu d'une place super touristique plein de gens curieux pis moi qui réussi presque à prendre une photo juste pour faire croire qu'on à fait les wedding crashes pis aussi pour faire un check in au mariage même si j'suis super moumoune pis que finalement je prends une photo du groupe sans la mariée parce que j'veux pas que les gens me voient faire la touriste. Y a celle qui dit "c'est quoi l'idée de te marier icitte quand t'es laitte toute la gang". Y a le bedonneux qui est déçu parce que "ah je pensais que c'était un mariage gay". Y a les pieds dans l'eau frette qui serait moins frette si on faisait pipi dedans pis les deux couples du Lac qui nous disent que pour ça "faudrait s'asseoir dedans sinon c'est pas subtil". Pis y a le soleil. Le soleil qui nous submerge comme le bonheur pis les larmes dans les yeux pis les vêtements avec des loups pis des ours pis des aigles pis les mocassins pis les pattes de lapin pis les capteurs de rêves des magasins de souvenir pis le plaisir d'être ensemble, de rentrer dans des magasins trop cher dans lesquels on est pas les bienvenus pis de se rendre compte qu'on se sent vraiment en vacance alors qu'on travaille dans un jour et demi, le plaisir de s'imaginer dans un autre pays, le plaisir de la bière froide pis des chips avec la salsa pis un p'tit maudit boutte de cornichon qu'on essaye de couper en deux parce que c'est bon les cornichons. Y a les nouvelles sandales qui font mal au pieds pis les chandails de laine en rabais pis les t-shirts à 5 piasses dans nos grosses sacoches. Y a le marché avec le nougat qu'on fait semblant de jamais avoir goûté pour avoir droit à un test gratuit, la madame qui nous chicane parce que "non c'est pas du nougat dans les bars Mars", celui aux pistaches qui est le meilleur finalement. Les groseilles qui me rappellent quand j'étais p'tite pis que ma meilleure amie fumait dans la cabane et mangeait de la pâte à dent pour pas sentir après. Y a la grosse scène installée dans la rue d'à côté pour on sait pas quel événement qui nous crie de la musique toute la soirée comme si on était au chalet comme si on était en vacances comme si on était dans un gros méchoui sans le cochon pis les arbres pis le lac pis les sangsues pis les tentes pis les mouches pis le feu pis les doigts plein de gras de chips mais avec l'écho pis le rock pis le chaud pis la boisson pis le barbèque pis l'espèce de sentiment que c'est quétaine mais qu'on est libre pas souvent pis qu'en tout cas oui, aujourd'hui. On est libre.
Pour couronner le tout, Sweet child o' mine (ma toune de fille qui crie c'est ma toune), chanté par la rockeuse du party de l'église qui enterre presque Will Ferrell dans Talladega nights à la tivi pendant que je sirote mon vin en me mettant du vernis mauve en attendant les amis.
Merci merci.
jeudi 28 juillet 2011
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J'ai rêvé que des loups me mangeaient et que je les regardais faire désespérée.
J'ai peur.
De ne pas être assez forte.
J'ai peur.
De ne pas être assez forte.
P't'être
P’t'être qu’avec mes p’tites aiguilles à coudre laissés là dans ma peau vêtement cousue trop p'tite, comme un bon mari papa tu vas nous faire un p’tit pyjama de p’tite fille minuscule de gros bedon. J’va repasser milles fois mes doigts-aimants dessus pour être sur sur qu’y en reste pas qu’elle se pique pas avec un pyjama peau vêtement trop p’tit pour son beau dedans tout neuf de p’tite fille pas encore cactus. J’va la flatter tout l’temps avec mes doigts-aimants pour être sur sur que son corps lui pique pas jamais, qu’elle se sente jamais pognée dans un corps cousu trop p’tit plein de morceaux défectueux de pas assez femme pour elle. Je veux être sur qu’elle se pique pas de petites aiguilles dedans je vais la checker tout l’temps subtilement, je vais lui flatter le dos quand elle va être trop grande pour que je la prenne dans mes bras, elle va être douce douce elle va devenir grande grande et fille femme bien dans une peau de laine velours crème soie dentelle des fois. Pis après plus tard j’va lui coudre des beaux bas avec les aiguilles qui vont être restées prises dans mes doigts de vieille madame un peu décousue fripée en p’tit morceaux pas repassés qui aura passé sa vie à rafistoler finalement.
mardi 26 juillet 2011
un peu rouillé
Quand tu lui dézippe le dos tu trouve plein de sourires niais du métro et des rues seules et des gens qui trainent et des petits restos et des bars qui sentent le trop chaud humide. Tu trouve aussi des couleurs et des mots et plusieurs couteaux, surtout des couteaux. Des poignards et des couteaux à steak et des couteaux à beurre et à Nutella et des petits couteaux minces et brillants pour ouvrir des lettres aussi. Il y en a un beau petit couteau bronze un peu rouillé comme un couteau qui serait resté longtemps dans une poche de chemise à l’humidité, un petit couteau pour beurrer le pain pour beurrer les lèvres aussi mais assez coupant pour couper un peu de tout pour couper des pommes du poulet ou des petits cœurs de fille-énervée. Quand tu lui dézippe le dos, couché tout près d’elle, dans son lit. Quand tu lui ouvre le dos avec ton petit couteau d’homme-pas-sur-du-tout pour le perdre dans son dedans de fille-énervée-de-toi-endormie.
lundi 25 juillet 2011
jeudi 21 juillet 2011
mercredi 20 juillet 2011
même si c'est con
C'est le calme au milieu de la tempête comme dans l'endroit le plus sur est au coeur de l'ouragan. Mais c'est un calme vraiment vraiment chaud mon corps se peut plus il réclame la tempête à nouveau. Encore encore encore plus de tourbillons j'ai envie de danser les cheveux mêlés pis que tu mettes tes mains dedans pis que ça fasse mal à mon cuir chevelu que ça tire fort dessus. J'ai envie d'avoir genre mal à la tête de tes mains sur moi encore parce que ça me fait tourbilloner même si c'est con.
C'est le calme au milieu de la tempête mais j'ai trop chaud je sue je sue je suis toute mouillée pourtant.
Le ventilateur fait trop de bruit j'ai peur qu'il me tombe sur la tête j'aime mieux tes cris même si. J'aime mieux l'ouragan même si c'est con.
C'est con mais pourtant pourtant
maudit ouragan.
lundi 18 juillet 2011
des verres d'eau avec des petites mouches dedans
- Ça te tente tu d’aller manger des choses grasses? On dirait que j’ai pas mangé de la semaine. J’ai faim. J’ai passé toutes mes journées au lit pis tu m’as manqué.
Là tu m’as échoeuré parce que j’avais pas fait la litière du chat.
- Franchement c’est pas compliqué t’aurais pu ramasser au moins quelques crottes.
- J’te l’ai dis j’ai passé la semaine au lit j’ai même pas ramassé le séchage j’ai même pas remis les têtes d’oreillers (oui ça faisait une semaine que les oreillers avaient pas de têtes).
- T’étais en dépression parce que j’étais pas là.
- C’est ça j’pense que oui mais là t’es revenu. Faque demain on fera la litière. Mais ce soir on peut tu aller manger des choses grasses on dirait que j’ai pas mangé de la semaine.
On a marché. Il faisait noir en maudit, le diable faisait sa ride de canot dans les airs. Il accrochait les arbres et les fils électriques. Il ventait et tonnait fort au dessus de nos têtes. T’avais peur à cause des gros arbres que la foudre nous tombe sur la tête. J’ai pensé on n’est pas si chanceux que ça m’semble, mais on a quand même fait un plan.
- Si un éclair tombe il va tomber sur l’arbre, pas sur nous. Il faut juste courir assez vite pour pas se faire bruler ou écraser.
- Pis après on va s’acheter un billet de loto tsé.
On traversait les rues super vite en courant parce qu’on se sentait tout nus pas d’arbres au dessus de nos têtes venteuses pour attraper les éclairs. Je riais à tout ce que tu disais. Je disais que c’était parce que j’étais fatiguée. C’est vrai j’étais fatiguée mais ça me faisait du bien de ne pas trop avoir dormi. Ça me rappelait que c’est bon de rire pour rien quand tu parles, que ça fait du bien aux joues pis à ma petite tête venteuse-tempêteuse-pour-rien.
Avant d’aller manger on est allé louer un film de l’autre côté de la rue. Y a une petite fille qui tournait sa robe arc-en-ciel sur sa bédaine avec ses doigts collants qui est entré avec ses parents dans le club vidéo avant nous.
- Fuck je suis certain qu’elle va prendre le film que je veux.
C'était drôle quand même comme call. T’es entré et tu t’es dépêché de prendre la dernière copie du film de lézard animé. Après pour faire comme si tu te rendais pas compte qu’une petite famille bédaine arc-en-ciel voulait vraiment le film que tu tenais dans tes mains, tu t’es promené dans les allées en regardant les autres films. La petite fixait le film de lézard dans ta main. J’étais certaine que tu allais craquer et lui donner. C’était beau de vous voir désirer autant un film de lézard animé. T’es costaud pour un enfant mais dans ces moments là c’est clair, t’as pas grandi.
Mais t’as changé.
On est sorti et j’ai mis le lézard dans ma sacoche. T’étais content.
- J’étais sure que tu allais lui donner.
- Maintenant je pense à moi. De toute façon c’était pas vraiment un film pour enfant, j’ai lu les critiques. Je lui ai sauvé une soirée.
- Elle va surement le louer la semaine prochaine.
- Pas grave.
On est arrivé au restaurant festival-de-la-crevette-à-longueur-d’année. T’as pris une assiette de cuisses de poulet. Tu t’obstines à essayer tous les plats à la place de prendre une poutine ou un hamburger comme tout le monde parce que
- Je les aime pas les frites ici bon.
Moi j’ai pris
- Un cheese burger avec du bacon pis de la salade pis des tomates pis une petite frite s'il vous plait.
J’aime pas être déçue.
La fille m’a amené de la sauce bbq avec mes frites pis j’étais super impressionnée parce que j’avais pensé dans ma tête que ça serait bon pis que je l’avais pas dis à voix haute.
- Comment t’as fait pour deviner, t’as lu dans mes pensées?
- Ah non c’est pour le poulet. Tu en veux toi aussi?
- Ah ouais s'il te plait.
Elle m’a amené de la sauce bbq.
Faut que je me résigne.
Ça existe pas le monde qui lisent dans les pensées.
On a mangé en regardant du rodéo pis même qu’à un moment donné ils nous ont montré une entrevue avec un petit garçon cowboy assis sur un poney et il s’appelait quelque chose comme Buk mais je me rappelle plus de son nom de famille. C’était beau d’être là avec les photos de nourriture déteintes pis un texan qui gueulait en arrière pis le tonnerre dehors pis la pluie qui tombait fort pis moi qui avait envie de rire tout le temps pis toi qui riait parce que je riais pis la bouffe vraiment pas bonne pis le rodéo pis les serveuses crêpées qui lisaient pas dans les pensées pis la sauce bbq pis les sachets de ketchup pis le pouding au chocolat qui avait l’air tellement bon de la madame trop lente d’à côté.
On s’est lavé les mains avec nos petites serviettes mouillées. Tes mains sentaient bon l’enfant, ta face sentait bon l’enfant, j’avais le goût de te manger les joues même si j’avais pu faim du tout. C’était beau de se retrouver pis de se rappeler que c’est beau quand on s’aime de même. Ça rend toutte beau. Même les tempêtes. Même les madames crêpées qui sourient pas. Même les verres d’eau avec des petites mouches dedans. Même les enfants cowboy qui se font trainer dans la bouette par leur poney.
Même les frites brulées.
Même la sauce bbq avec des mottons.
Pis en revenant t'as failli nous crever les yeux avec mon parapluie vraiment hi-tech qui se referme automatiquement. Il s'est refermé sur nous, j'ai crié parce que c'était froid en maudit et t'as regardé le parapluie tout surpris en disant
- Voyons c'est dangeureux ça.
Quand t'as compris que c'était toi qui avait fermé le parapluie tu as chialé parce que
- C'est quoi l'idée stupide de mettre un gros bouton qui referme le parapluie sur le manche pour le tenir.
Pour toi c'était impossible de tenir le manche sans appuyer sur le bouton.
Je suis encore crampée.
Maudit que t'es pas doux.
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