vendredi 29 avril 2011

p'tit moment de beau


J’étais assise dans un café aujourd’hui et je lisais un livre (un bon livre qui fait pleurer). Je devais être dans le bon état d’esprit: le livre, l’odeur du café et du gras de bacon qui flottait dans l‘air, l’inexplicable réconfort pour mes pieds mouillés du bol de café au lait dans mes mains, la vie qui ralenti depuis quelques jours parce que je le lui ai permis, un silence spécial brisé seulement par le cliquetis des cuillères sur les parois des tasses, une espèce de chaleur partagée, des chuchotements qui volent et qui s’accrochent aux quelques filles boucle d’oreillées qui tendent leur curiosité, comme moi, par dessus leur livres tristes de jours de congé. Je devais être dans le bon état d’esprit pour accueillir la beauté.

Elle est entrée avec lui, tranquillement. Ils avaient l’air fatigués. On reconnait je crois quelqu’un qui souffre à son air terriblement fatigué, à son air lourd et silencieux. Ils se sont prit un café et se sont assis. J’ai observé leur conversation de loin avec respect comme on regarde un film muet (et comme on peut espionner une conversation de loin ‘’respectueusement‘’, très très discrètement). Leur mouvements étaient lourds et tristes et portaient quelque chose de cassé. Les chuchotements et les cliquetis volaient toujours de la même façon mais leurs ailes semblaient plus lourdes, peut-être plus gênées par le gras de bacon dans l’air ou restaient-ils pris dans les brisures qui émanaient du couple et qui faisait des vagues autour d’eux, comme une roche tirée dans l’eau.
 
Il est parti peu de temps après en laissant son café encore fumant réchauffer l‘air qu‘il laissait comme saisi d‘un grand froid. Elle se tenait devant deux café chaud. Ses lèvres encore entre-ouvertes refroidissaient pourtant.
 
Des larmes se sont mises à couler sur ses joues. C’est si beau, une femme qui pleure dans un café. Ses larmes tombaient silencieusement dans l’ambiance du café en faisant de grandes grandes vagues, et les filles reposaient leurs yeux dans leur livres tristes doucement (comme on cesse d‘espionner une conversation quand c’est le temps, très, très discrètement). Quelque chose s’était brisé et risquait de s’éparpiller, pourtant elle restait entière et tellement vraie.
 
Elle s’est levée, laissant les deux cafés fumer seuls, abandonnés. J’avais envie d’en prendre un, de crier à quelqu’un de prendre l’autre, j’avais envie d’adopter vite ce silence cette chaleur cette brisure, tellement elle était délicate, tellement elle était belle. J’avais envie de regarder ce café fumer toute l’éternité.
 
Elle s’est levée et il s’est mis soudainement à pleuvoir très fort.
 
Tout le monde a tout d’un coup regardé dehors puis nous nous sommes regardés, soulagés, comme si nous partagions une petite misère (comme les gens aiment partager de petites misères), mais je crois que personne ne savait.
 
Elle est sortie discrètement dans la pluie et dehors personne ne savait non plus. Personne ne savait qu’elle était belle et qu’elle pleurait. Personne ne savait que des larmes qui tombent font des vagues, qu’elle se tenait au milieu d’une mer tranquille et juste assez saline pour laisser flotter, pour supporter la beauté. Personne ne savais que, contrairement à elle, la pluie ne fait pas de vague. Que la pluie tombe, s’écrase, s’éparpille et meurt, simplement. C'est pour ça je pense que les gens préfèrent la pluie aux larmes, c'est moins compliqué.
 
Elle est sortie et elle a marché, vivante sous l'averse, la tête baissée.
 
Et j’ai regardé les deux cafés qui fumaient seuls, tranquillement.
 
Et j’ai terminé mon livre triste de jour de congé,
 
et j’ai pleuré.

jeudi 28 avril 2011

La fille à la basse.

J’étais assise à une table juste cachée un peu, pas trop sur le bord du mur mais pas trop dans l’milieu non plus. C’était une soirée jam. Tout l’monde bougeait là-dedans avec son instrument comme s‘il savait où il s‘en allait exactement. Pour moi les jams ça tiens toujours un peu du mystère, que mis sur une scène avec des instruments, tout plein d’inconnus semblent tout d’un coup se connaître et savoir où ils sont et où ils s’en vont, parfaitement.
 
Tout dans la vie devrait être comme un jam bien réussi. On devrait toujours se sentir autant à sa place on devrait toujours sentir que ça fait autant de sens qu‘on se connaît qu‘on sait où on est exactement et où on s‘en va.
 
C’était
super
beau.
 
J’étais assise pas trop sur le bord du mur mais pas trop dans l’milieu non plus, juste assez dans le noir pour que les musiciens ne puissent pas me regarder dans les yeux mais assez dans la lumière pour qu’ils me voient taper du pied et chanter avec eux un peu. J’étais juste assez bien cachée pour ne pas trop être seule mais quand même seule un peu. Je buvais beaucoup beaucoup de bière j’écoutais la belle musique je regardais les gens descendre-monter de la scène changer d’instruments pis faire d’la belle musique encore tout l'temps. Dans les super beaux moments, ceux où tout était en parfait harmonie, la guitare nous tirait le bras nous disait vient-en suis moi le drum pompait notre sang donnait des coups de pieds sous nos corps fatigués réveillait notre peau la basse sur son dos frappait plus fort soulignait le passage du sang dans chaque partie de notre corps pis dans notre coeur qui se laissait bercer balancer par la voix rauque douce qui chuchotait qui criait et le clavier nous faisait tourner nous tordait les oreilles nous flattait le corps, y avait pu personne pis tout l’monde était tout l’monde en même temps, y avait pu chose pis son ex pis l’autre qui la trouve de son goût pis elle qui regarde son chum avec des yeux plein d’peine pis elle qui regarde l’autre avec des yeux plein d’amour pis les deux là qu’y se r’gardent un peu pis celles qui se trouvent belle pis ceux qui l‘sont pas ceux qu‘on regarde pas. Y avait juste une gang de monde qui tapent du pied pis qui sourient un peu dans leur têtes, des têtes pleines de sourires pis d’yeux semi-ouverts, des corps rempli d‘yeux pis de sourires. Tout dans la vie devrait être comme un jam bien réussi.
 
Mais c’qui avait d’encore mieux d‘encore plus beau, c’était la fille aux cheveux longs qui jouait de la basse. Tout dans la vie devrait être comme un jam bien réussi avec une fille comme elle avec ses cheveux longs qui joue de la basse vraiment bien.
 
C’était super beau.
 
C’était comme si tout d’un coup on se connaissait pis on savait où on s’en allait exactement. Comme si à elle toute seule elle me tirait le bras elle me disait vient-en-suis-moi qu’elle pompait mon sang qu’elle donnait des coups de pieds sous mon corps fatigué réveillait ma peau frappait plus fort pour souligner le passage du sang dans chaque partie de mon corps dans mon petit coeur puis me berçait me balançait, douce, rauque, chuchotais criait me faisait tourner me tordait les oreilles et me flattait l’corps.
Tout en même temps.
 
On ne se regardait pas dans les yeux mais je chantais avec elle pis je tapais des mains un peu. J’étais juste assez toute seule. Elle avait les yeux semi-ouverts pis elle jouait d’la basse vraiment bien au travers de ses ch'veux. J'pense qu'on souriait dans nos têtes, un peu.
 
J’étais assis à une table pas trop cachée sur le bord du mur mais pas trop dans l’milieu non plus.
 
C’était une soirée jam c’était super beau.
 
Elle je l’avais vu passer dans la soirée plus tôt je l’avais même pas remarqué j’avais tourné la tête y en avait d’autre plus belles mieux habillées, celles avec des belles jupes avec des gros zippers noirs pis des beaux collants pis des belles camisoles d’été pis des bottes de cowboy, genre. Y en avait d’autres plus belles que je ne regardais pas aussi. Y avait plein de garçons qui regardaient trop pis y avait ceux qui regardaient pas.
De tous, ceux là c’était eux les plus beaux.
 
Au travers de la foule dans le bar la fille aux cheveux long qui joue de la basse avait l’air de rien qu’une fille aux cheveux long parce qu’on savait pas qu’elle jouait de la basse. C’est ça qui est beau c’est quand on attrape une partie du mystère pis qu’on le tiens juste un peu qu’on le touche du bout des doigts. Sur scène le monde devient comme mieux plus vivant, tout, dans la vie, devrait se passer comme sur la scène d’un jam bien réussi.
 
Sur scène elle s’est animée, les yeux semi-fermés, c’est comme s’ils s’étaient ouverts pourtant, je l’aurais juré. Elle avait une partie du mystère entre les doigts même si ça paraissait pas pis elle nous le jouait sur sa basse.
 
C’était super beau.
 
Tout l’monde souriait un peu en claquant des mains en tapant du pied on était un grand sourire des grande lèvres semi-ouvertes c’est comme si on avait ouvert un grand vortex on était plus beau que la pluie qui tombait dehors c’était le déluge dans nos corps on faisait le même son que l’eau qui tombait du ciel sur le sol mais en mieux, elle était la plus belle dans notre vortex elle était la paire d’yeux elle était drette dans le milieu elle était la reine Toulmonde elle jouait d‘la basse merveilleusement bien elle nous dirigeait elle nous disait c’est dans ce sens là qui faut aller mais comme quelqu’un qui venait juste de le trouver elle nous jouait c’est vers là qui faut aller toulmonde, j‘vous l‘promet.

Pis on l'écoutait.
 
Le temps s’était comme mis à danser on se sentait tout nu du dedans tout s’était changé en un grand sourire nos corps étaient comme deux grandes lèvres grandes ouvertes on partageait la sensibilité de toulmonde qui tapait des mains qui bougeait les lèvres qui répétait j’vous l’promet j’vous l’promet j’vous l’promet.
 
J’suis sure que sur son corps tout nu à elle en d’ssous de son t-shirt gris y avait un gros zipper noir qui partait du dessous de ses seins jusque bas bas dans l’bas de son ventre. J’suis sure qu’en dedans y avait toute nos dedans qui étaient vidés de la regarder jouer. Dans son ventre y devait y avoir quelque chose comme toute notre nudité.
 
Tsé dans la vie, tout devrait être comme un jam bien réussi.
 
Ça serait super beau.
 
On devrait tous jouer d’la basse pis sentir nos extérieurs vibrer pis nos dedans jusque dans l’bas de nos ventres bien remplis de sourires pis d‘yeux semi-fermés.

lundi 25 avril 2011

pis joyeuse pâques




Des fois je l’sais j’écris des choses que les gens comprennent pas mais ça m’dérange pas pantoute pantoute. Je serais vraiment heureuse si les gens comprenaient juste ce qu’ils veulent comprendre. C’est tout.


J’voudrais que mes mots soient comme un frame pour c’que vous voulez comprendre juste ça. Un p’tit frame ou un grand frame beau ou laite ça dépend des jours pis du monde ça m’dérange pas pantoute pantoute j’aime ça écrire des choses que les gens comprennent pas.


Aujourd’hui j'dirais par exemple quelque chose de ben simple, quelque chose que tu comprendras p’têtre comme :


J’m’endure pas
J'pense que je fais une indigestion
de moi
pis de chocolat


Pis j’te donne la permission de prendre ça comme un beau frame
pis de dessiner un grand cœur dedans
pis tu peux même te l’offrir à toi de moi.
ou à moi de toi tout dépendant.


C’pas si dur que ça tu vois.


Pis si t’as rien à faire à soir tu peux même t’assoir à terre pis faire un grand casse-tête avec toute ça, ça va être beau beau tu te dessineras c’que tu veux tu mettras plein d’couleurs ou pas, plein d’ordre ou pas dans mes p’tites pattes de lettres pliées pis drettes. Tu peux toute les déplier ou les croiser ou les ouvrir grand grand jusqu’à les déchirer, ça m’dérange pas pantoute pantoute, fait moi juste que’que chose à ton goût fait moi un beau dessin avec ma tête-cassée.
Pis p’têtre qu’à soir j’m’endurerai mieux sans savoir pourquoi
pis p’têtre que ça va être grâce à toi.

Pssst, tu va voir à soir quand tu va t'assoir à terre pour me faire un beau casse-tête que dans c'te frame là y a beaucoup de pis pis de pantoute (j’suis ben d’accord avec toi). 
Ben si ça te tente mais juste si ça te tente, pourrais-tu les prendre pis m’en faire une belle robe bleue? M’semble que ça s’rait beau une robe de pis-bleus. Avec les pantoute j'sais pas, fais c'que tu veux, une bobette en dentelle ou des souliers.


Merci ben en avance en tout cas.


Pis Joyeuse Pâques

samedi 23 avril 2011

Belle corbeau.


J’ai appris qu’y faisait pas beau dehors sur facebook parce que j’me lève pas aujourd’hui je passe une journée-nuit. J’entends le monde passer comme des gros animaux à côté de ma p’tite fenêtre mouillée à la hauteur du sol j’me demande qu’est-ce qu’y font à passer à côté de ma p’tite fenêtre mouillée pendant la journée-nuit y devraient rester couché y fait pas beau.
 
Ça doit puer dans ma chambre la vieille halène d’la veille j’suis rentré sans me brosser les dents j’me suis passé l’index sur les grosses dents pis j’me suis couchée pis j’suis disparue pis j’ai rêvé comme une débile à plein d‘affaire bizarres-belles. Ça doit puer dans ma chambre les maudits ani-maux d’la veille. Mon ventre fait tellement de bruit c’est la guerre comme la guerre jour-nuit c’est genre poutine-fruits j’me vire de bord pour étouffer la bataille dans le lit. Y a pas de gagnants pendant les journées-nuits c’est juste plein d’ani-maux qui passent pis qui font trop de bruit.
 
J’me sens comme pas bien j’ai des images dans tête des photos pis des mots j’espère que toute me reviens pis en même temps j’espère que non. J’ai rêvé à plein d’affaires bizarres-belles ce matin toute se mélange mais je l’sais c’qui est vrai pis c’qui l’est pas je l’sais c’que j’peux pis c’que j’peux pas c’est la guerre dans ma tête la guerre jour-nuit c’est genre tête contre coeur j’me vire de bord pour étouffer la bataille dans le lit mais on dirait que mon lit dit comme non, mes draps sont fâchés y m’serrent j’suis pris de toute façon y à pas de gagnants pendant les journées-nuits.
 
J’me rappelle qu’on était belles comme deux corbeaux on marchait su l’bord des p’tites fenêtres mouillées à la hauteur du sol on courait su l’trottoir les ch’veux dans l’vent on était deux belles corbelles avec nos longues jambes blanches pis nos gros manteaux c’tai beau c’tait beau j’me rappelle que je voulais tuer mes talons hauts à coup de marteau pour être moins belle pour être moins beau pour être moins corbelle mais plus corbeau. Pour elle, j‘me rapp-elle.
 
On était comme deux oiseaux avec plein de belles plumes plein de belle peau sur nos corps de dem-oiselles oiseau beaux beaux. Y a pas de gagnants les jours-nuit toute est vrai toute est faux toute c’qui a dans l’bedon pis dans tête pis dans le coeur. Aujour-nuit ça fait comme un mélange d’oiseau-poutine comme un oiseau ben ben chaud pis super bon que’que chose comme deux belles peaux d’oiselles qui goutent la même chose genre super super bon super chaud.
 
J’ai appris qu’y faisait pas beau dehors sur facebook parce que j’me lève pas aujourd’hui j’passe une journée-nuit pour que toute soit vrai encore un peu pour qu’au moins j’perde pas que j’te perde pas ma p’tite corbelle que j’te perde pas dans mon sommeil ma p’tite corbeille-belle pleine de dodo pleine de mots pleine d’air frais pis de mains pis de doigts pis de toi-elle. T’es une belle toile c’est ça drette comme la couleur de mes murs dans ma journée-nuit pis couchée dans mon lit j’entends à côté de mon p’tit nid mouillé plein de corbeaux passer. Ça m’fait penser à ça, ça m’fait penser à toi-elle.
 
C’est la guerre dans mon lit j’pense pas que j’vais gagner même pas demain quand ce sera plus jour-nuit. J’pense que j’va pas tuer mes talons haut parce que ça m’tiens que’que part en haut pis que c’est logique avec les oiseaux p’têtre que j’va être trop elle p’têtre que j’va être trop oiselle pis qu’à cause de ça ça marchera jamais avec les oiseaux. Esti tout l’monde doit se dire est folle elle, non dites don est folle eau. Y a quelque chose qui fitte tellement beau entre l’elle pis l’eau c’est comme l’eau dans le ciel qui est l’aile des eaux (hein hein). On est rendu loin en crime mais suivez moé, suis moé don on va être deux belles p’tites corbelles au dessus des eaux pis j’va être contente parce que j’va jouer avec les mots pis tu va être contente parce que tu vas te sentir proche du beau de la nature on va être contente toutes les deux pis j’serai pas obligé de tuer mes talons haut.
 
Est folle eau, j’suis folle d’elle. Y a que’que chose qui fitte tellement beau entre l’elle pis l’eau, je suis d’accord quand tu dis c’est beau je comprends maintenant j’fais le parall-elle. Paral-l’aile tu comprends, c’est moi pis elle qui vole qui vole au d’ssus de l’eau avec nos belles peaux qui goutent chaud nos beaux pelles pour détruite les maudits talons-hauts.
 
Tu comprends tu, j’suis contente parce que je joue avec les mots.
 

Faudrait que j’t’amène que’que part où c’est beau pour que tu sois contente avec, mais j’pas bonne là-dedans,
j’connais juste la hauteur du sol pis un peu plus haut.
On pourrait faire une ride de talons-hauts.
 
De toute façon dehors y fait pas belle.
De toute façon t’es beau
De toute façon on est jour-nuit
De toute façon j'fais juste rêver à plein d’affaires bizarres-belles-beaux
De toute façon j'fais juste rêver à des corps-beaux
De toute façon j'hais les corbeaux
De toute façon t’es belle-beau encore oui
De toute façon pour vrai j’hais les talons-hauts
De toute façon demain y annonce soleil en sol-eau
 
 
Pis de toute façon j’ai toute oublié quand le jour-nuit s’est couché (J’te jure)

il avait quelque chose de parfait comme le ciel (pourtant)


Elle se tient debout
dos à la fenêtre
elle attends
la tête légèrement baissée
elle se soumet
debout
les yeux fermés
sa robe bleue flotte dans le vent
il la caresse
elle n’aurait jamais fait ça avant
 
elle étire les bras
il peut lui faire
tout
ce qu’il veut maintenant
 
elle attends debout
dos à la fenêtre
les yeux fermés
la tête légèrement baissée
 
elle sent chaque inspiration
sa robe serre son ventre
puis se détends
elle change
à chaque expiration
elle rapetisse
tranquillement

sa robe s’allonge à mesure qu’elle respire\rapetisse
elle vole dans le vent, la robe
elle, attends


son corps devient tout petit
sa robe bleue glisse sort danse par la fenêtre
le ciel est bleu
comme elle
elles disparaissent
 
il la frappe doucement
fait sortir des cheveux de son chignon
ils fouettent sa peau
tombent sur son visage fermé
juste assez un petit peu de nuages
dans le ciel parfait bleu ciel
 
elle baisse les bras
 
recule d’un pas
 
verse la tête par en arrière
sa gorge
offert-étirée
 
ses épaules descendent
chaque fois qu’elle expire
son cou allonge
sa tête tom-belles tomb-elle s’offre
toute petite
elle vole
dans le ciel bleu ciel
 
il fouette sa peau
elle tomb-elle vole
belle
elle se demande si le ciel veut d’elle
si sa robe est assez bleue
elle se demande s’il est heureux
en tout cas
il peut lui faire ce qu’il veut
dans son parfait bleu ciel.

jeudi 21 avril 2011

p'tits pots cassés.


Ce soir on va écouter d’la musique dans une grande salle pleine de lumières qui flashent vite avec plein de monde qui bougent pis qui se rentrent dedans mais c’est pas grave si on a bu juste assez pour pas s’écœurer. On va écouter d’la belle musique qui donne envie de fermer les yeux pis de rêver pis de se sentir ailleurs un peu même si on est dans une grande salle pleine de lumières qui flashent vite comme dans une machine pour aller ailleurs dans l’temps avec plein de monde qui bougent en même temps en fermant les yeux pis en bougeant les bras pis les jambes pis les ch'veux.
 
Ce soir on va écouter d’la musique avec des roches dans les poches pis de l’amour en pot dans nos sacoches, on va s’accrocher fort à nos sacoches ça va faire gling gling gling l’amour en pot pis les bracelets qui s’accrochent mais on entendra rien parce qu’on va écouter d’la musique ben fort qui donne envie de fermer les yeux pis de rêver pis de se sentir ailleurs un peu.
 
P’têtre que la soirée va avancer en même temps qu’nous si à veut pis qu’on va se sentir bien collé si on est pas trop écoeuré, comme une grande vague on va danser à gauche pis à droite pis on va faire gling gling gling on va s’accrocher en silence dans le bruit tous ensemble les yeux fermés par boutte, quand ça va être vraiment beau pis que ça va dire des phrases qui nous amènent ailleurs un peu.
 
P’têtre que la soirée va avancer pis qu’on va se sentir bien collé pis qu’on va bouger de plus en plus jusqu’à sauter p’têtre qu’on va mettre nos sacoches à terre pis qu’on va danser en rond autour de nos amours en pots p’têtre que quelqu’un d’é-coeuré va piler dessus pis péter un ou deux p’tits pots, p’têtre qu’on va être trop chaud pis qu’on va pas se rappeler de nos amours brisés.
 
Y a des amours qu’on amène dans nos sacoches quand on a l’coeur écoeuré pour les perdre sans faire exprès sans s’en rappeler dans une grande salle pleine de lumières qui flashent vite avec plein de monde qui bougent bien tous ensemble. C’est beau de laisser aller ces amours là dans des endroits comme ça, ils meurent bien ils meurent beau dans les lumières pis dans la musique qui fait fermer les yeux.
 
Les amours en pots se perdent on ferme les yeux pour se sentir ailleurs juste encore un peu.
 
J’fini souvent la soirée nu pieds j’ai trop l’goût de danser en fermant les yeux pis en me jouant dans les ch'veux, des fois j’me pique les orteils sur des p’tits amours cassés ça monte jusque dans la tête de mon coeur ça m’rappelle toujours comme une vieille grande peine passée. Ça m’é-coeur les amours en pots brisés. Ça m'é-coeur.


À soir on va écouter d’la belle musique pis j’va fermer les yeux pour les oublier un peu pis j’va boire juste assez pour pas m’é-coeurer.

dimanche 17 avril 2011

Le vent fait chut.

La neige neige trop alors qu’elle devait s’en aller pis le vent vente trop tout l'temps. Le ciel est tout blanc pis l’asphalte est toute noire, le monde tergiverse moi j’arrive même plus à penser pourquoi don-que la neige neige encore trop alors qu’elle devait s’en aller. Mes cheveux font tic tic tic dans l'vent, on compte le temps moi pis la statique on est ben ben mêlé. La neige fait chier de neiger autant pis le vent de venter sauf qu’il est smatt quand même lui, en passant il m’a soufflé chhuuutttt arrête de brailler c’est enfin la fin oké tic tic tic la neige va s’en aller pis toi avec oké chhuuuuutt.

 Faque c’est ça. Dans une semaine j’va être en congé, la neige va arrêter de neiger pis après ça, c’est l’été. Oké. cchhhuuuuuutttttt.

samedi 16 avril 2011

Crisse de panique.

J’me coupe en quatre pour toute faire correctement j’me plie en deux pour toute protéger comme un grand parapluie mon corps-couteau-parapluie qui fait des p’tit lambeaux de peau-parapluie qui bouche toute les p’tit trous dans les yeux pour les empêcher de se répendre entre les doigts pour les empêcher de s’ennuyer, j’t’habitué.
 
J’plie mon corps circomplexe en deux pour protéger pour mieux parapluiser. Ça fait pas de sens je sais c’est l’bordel dans ma tête dans ma langue dans mes mots dans mon corps. L’affaire c’est que j’peux pas parapluiser en dedans ni en dedans de toi ni en dedans de moi. J’peux pas parapluiser dans la grande marre tsé celle qui s’étend du haut du plexus jusque dans la gorge où tout reste pogné quand on respire où ça reste pris où la grande marre qui à fait son nid ça reste pris la vie se noie tout l’temps.
 
Chaque fois que t’essaie de respirer j’essaye de parapluiser ça sert à rien ça s’passe en d’dans ça s’noie tout l’temps dans ton dedans. J’aime pas te r’garder te noyer. J’aime pas regarder la vie mourir chaque fois que tu respire rester prise dans ta gorge-mandoline qui découpe toute. J’aime pas te r’garder te noyer. Les mots mourir avant de sortir tes soupirs tes hoquets ton corps qui sursaute parce qu’y a besoin que plus de vie rentre tout en même temps j’aime pas te r’garder te noyer. J’aime pas ta gorge mandoline qui découpe toute qui te découpe toi.
 
Je l’sais pas quoi faire pour toute faire correctement j’suis pris dans mon corps circomplexe pis toi dans ta gorge mandoline tout l’temps. On se r’garde on sait même pu quoi faire d’autre que se r’garder pis même pu parler pis rouler sur le plancher pis des fois se flatter l’dos mais pas trop on sait même pu quoi faire pour s’empêcher de se sauver de s‘envoler de se noyer trop longtemps.
 
Crisse de panique, de grande marre de bouette, qui s’étends que’que part dans le haut de ton corps, qui noie tous tes respires, crisse de mandoline qui te découpe les joues pis tes sourires.


Faut que je r’garde toute se noyer, les mots la vie pis toé.

On compte jusqu'à 20 ensemble oké?
 
J’ai un parapluie moi pas une bouée pas une banane pas dé flotteurs pas dé maudits accessoires pour se baigner un maudit parapluie pour quand y fait tempête quand y pleut trop quand y mouillasse quand y neige mouillé j’suis pas bien équipé pour te sauver j’ai juste un p’tit corps-parapluie-circomplexe.

Qu’est-cé que tu veux que j’fasse avec ça devant toi à part pas aimer ça te r’garder te noyer.

J’te dis que j’t’aime mais je l’sais ben, c’est pas assez.

J’te flatte le dos, mais pas trop.

Pis je r’garde les secondes passer.