jeudi 5 mai 2011

Pendant c'temps là y neige à Saint-Henri

- Si ça sent la cigarette comme ça c'est parce qu'y mouille trop.
- J'comprends pas.
- Le voisin d'en d'sous fume dans sa salle de bain.
- Ouin pis?
- La boucane sort par nos tuyaux.
Ahahahah ostie qu'cé beau.



Y a le gars qui dis j'aurai pu jamais de papillons de toute façon.

Pis y a celui qui dit que les histoires de princes pis de princesses ça existe pas.
Y dit plus bas qu'y sait qu'sa blonde est déçue d'ça pis en même temps y a un peu de, elle doit être déçue de moi, juste un peu de.

Pis y a moi. Pis les histoires d'amour ça se raconte en tout cas.

J'lui d'mande au gars y s'cherche une fille comment.
Y m'réponds
Une fille qui va respecter le fait que j'sois un artiss pas si bon que ça, pis que c'est ben correct comme ça.



Y en a un qui veut s'en aller en politique.

Y en a un autre qui lui dit qu'il a d'la misère à gérer un chat (faque-un-cabinet-de-ministes-oubli-ça).

Y a moi. Maudit que j'suis triste du monde des fois.

On essaie de démêler la gauche d'la droite moi j'me dis pourquoi y en a un qui est frisé pis l'autre pas on essaye de démêler la gauche d'la droite moi, j'suis gauchère pis j'veux juste avancer, tout droit ou pas.

On essaye de démêler les vrais artiss des faux artiss
- Défini l'art enwaye défini,
Té fini l'art c'est subjectif, qu'y dit.
Pis y en a toujours un qui est frisé pis l'autre pas pis personne se demande pourquoi.

Y en a un qui dit une carte mère ça peut être de l'art ça.
Y en a un autre qui ri à mort.
Moi j'peins un ingénieur geek pis un politicien-au-chat-orange sur une belle toile dans ma tête,
pis j'la signe pas.


Moi j'me dis cé ça, on fait d'l'art su l'sofa du salon su l'bord du boulevard Pie IX tard tard le soir,
on est pas si bons que ça pis c'est ben ben correct comme ça.
Pis on est heureux.

 
Y a plein de peintures pas signées sur les murs,

pis y a moi au milieu. 



Y en a un qui r'commence avec ses: enwaye on sort on sort tu on sort au Baptiste on va boire.

Y en a un autre qui dit y veut s'pogner des filles c'est pour ça.

Y dit (le premier) non j'aurai pu jamais de papillons de toute façon.

Eille eille eille ta peu, on est pas toute si bons que ça là-dedans,
Pis c'est ben correct comme ça.



Pis toute est ben ben correct comme ça, 
pis y mouille à siot su l'boulevard Pie IX,
pis y neige que'que part à Saint-Henri,
surement.

mardi 3 mai 2011

On the road again


Votre conductrice Marie-Ève vous attendra à 11h au Shell coin boulevard Laurier \Route de l’église dans une Corolla blanche 2004
Départ pour
Montréal
 
J’étais assise sur le p’tit trottoir avec mon gros sac en tissu plein de bouffe pis de linge ouvert dans le parking (parce que j‘avais encore eu une crise de panique d‘avoir perdu mon cellulaire). Je venais de mâcher une Gravol au gingembre (la deuxième) qui est supposé enlever le goût de vomir mais qui pourtant me donnait vraiment le goût de vomir pis j’essayais d’avaler au moins une bouchée de ma salade de couscous ben trop pleine d‘ail avec un arrière goût de pas bon gingembre (parce que quand t’as le mal des transport faut pas que tu sois trop fatigué que tu sois assis en avant et que tu ais bien mangé faut que tu sois ben concentré etc). Le hic c’est que j’avais pas mangé depuis 2 jours parce que j’avais une sale gastro (comme on en a juste quand on est enfant tsé quand ta mère t’apporte du seven up dépétillé)
 
J’étais assise là donc, en plein milieu d’la place vraiment pas discrète parce que je m’efforçais juste de pas vomir partout dans le parking (pour être très délicate), à côté de Ève (la fille rousse aux cheveux longs avec des lunettes d’aviateur pis des jeans déchirés sur les genoux) qui s’en allait à un son premier cour à l’université avec Marie-Ève Corolla blanche 2004 comme moi (coté 3\5 sur la ponctualité)
 
À 11h57 y a une civic verte forêt qui est arrivé avec une fille pis un gars. Le gars est embarqué 3 minutes plus tard dans un autre char avec un gars qui était directeur des ventes pour des genre de jus qui font garder le poids santé si tu bois juste ça tout l’temps (?!?). Il était habillé en Point Zéro trop grand (genre j’ai maigri buvez de mon produit buvez en tous) avec des dragons pis des tatoos (sur le linge..), il était rasé et, ah oui je me rappelle, il conduisait une Echo grise 1999 rouillée, c‘était beau beau sarcastiquement parlant. J’me suis dis que le ciel était bon que je n’ai pas réservé une place dans ce char là (vomit assuré).
 
Donc le gars qui était arrivé avec la fille (un gars ben ’’normal’’ genre qui aurait pu être mon ami (ça explique pas la normalité je sais) avec une belle barbe pis ben c’est ça j’me rappelle juste de sa barbe), à mis son sac dans le coffre de l’Echo pendant que le gars en vêtements tatoués expliquait à un français de Chicoutimi et à une fille que j’ai vu juste de dos son truc de boisson qui fait maigrir pendant que les deux s’en foutaient royalement (c’est beau (triste-décourageant) comme certaines personnes ne voient pas le non-verbal des gens.
 
Le gars a dit bye à la fille (on va dire sa blonde) au travers de la fenêtre du conducteur. Elle avait la face toute rouge et pleurait beaucoup mais super silencieusement comme si elle voulait pas le déranger. Pis il est parti. Pis elle souriait en pleurant pendant qu‘il partait pis qu‘il la voyait encore. Je la regardais le regarder partir pis quand l’Echo à été rendue loin loin elle partie elle aussi.
 
4 minutes après (ponctualité 3\5 pour Marie-Ève) elle est revenue, s’est stationnée plus loin et est venue se poser avec un stylo pis un pad de papier sur le trottoir. Elle était en jogging avec un gros chandail à capuchon pis sa face était encore toute rouge. Elle s’est placée exactement où son chum (ou peut-être pas) était parti plus tôt pis elle a regardé dans le vide, pis elle a écrit. J’me suis dis qu’elle devait écrire une histoire dans laquelle j’étais, ça m’a fait drôle mais ça m’a fait du bien, pis ça m’a rappelé c’est comment de laisser quelqu’un qu’on aime partir en char pour loin, c‘est triste en maudit.
 
 
Mais ça m’a comme réconforté de savoir que je faisais partie d’une histoire même si j’me tenais là vraiment pas délicatement.
 
Après Ève m’a dit c’est pas normal qu’elle soit pas arrivée, je lui ai dis ouin mais elle est coté 3 pour la ponctualité. On a un peu ri pis j’ai dis oké je vais essayer de l’appeler. Son numéro marchait pas. Fuck you Marie-Ève, à cause de toi Ève va manquer son premier cour à l’université.
 
J’ai appelé Amigo express, ils m’ont mis sur garde parce que toutes les lignes étaient occupées pis ça m’a chanté dans l’oreille:
On the road again, goin’ places that I’ve never been, seein’ things that I may never see again, and I can’t wait to get on the road again... On the road again, like a band of gypsies we go down the highway, we’re the best of friends insisting that the world keep turning our way and our way...
 
Ça m’a fait sourire.
 
Pis Marie-Ève est jamais arrivée. Ponctualité 0 moi j’te dis.
 
Pis je l’sais pas si Ève à manqué son premier cour à l’université. Sa mère l’a chicané au téléphone, elle a dit c’est pas de ma faute maman (je l‘sais pas non plus si sa maman lui fait encore du seven up dépétillé). Quand elle a raccroché elle m’a dit bon ben, je vais prendre l’autobus même si j’ai pas d’argent. Elle est partie avec ses beaux cheveux longs orange pis ses jeans déchirés. J’me suis dis qu’elle était prête pour Montréal pis j’ai oublié de lui dire bonne chance, pour l’université.

vendredi 29 avril 2011

p'tit moment de beau


J’étais assise dans un café aujourd’hui et je lisais un livre (un bon livre qui fait pleurer). Je devais être dans le bon état d’esprit: le livre, l’odeur du café et du gras de bacon qui flottait dans l‘air, l’inexplicable réconfort pour mes pieds mouillés du bol de café au lait dans mes mains, la vie qui ralenti depuis quelques jours parce que je le lui ai permis, un silence spécial brisé seulement par le cliquetis des cuillères sur les parois des tasses, une espèce de chaleur partagée, des chuchotements qui volent et qui s’accrochent aux quelques filles boucle d’oreillées qui tendent leur curiosité, comme moi, par dessus leur livres tristes de jours de congé. Je devais être dans le bon état d’esprit pour accueillir la beauté.

Elle est entrée avec lui, tranquillement. Ils avaient l’air fatigués. On reconnait je crois quelqu’un qui souffre à son air terriblement fatigué, à son air lourd et silencieux. Ils se sont prit un café et se sont assis. J’ai observé leur conversation de loin avec respect comme on regarde un film muet (et comme on peut espionner une conversation de loin ‘’respectueusement‘’, très très discrètement). Leur mouvements étaient lourds et tristes et portaient quelque chose de cassé. Les chuchotements et les cliquetis volaient toujours de la même façon mais leurs ailes semblaient plus lourdes, peut-être plus gênées par le gras de bacon dans l’air ou restaient-ils pris dans les brisures qui émanaient du couple et qui faisait des vagues autour d’eux, comme une roche tirée dans l’eau.
 
Il est parti peu de temps après en laissant son café encore fumant réchauffer l‘air qu‘il laissait comme saisi d‘un grand froid. Elle se tenait devant deux café chaud. Ses lèvres encore entre-ouvertes refroidissaient pourtant.
 
Des larmes se sont mises à couler sur ses joues. C’est si beau, une femme qui pleure dans un café. Ses larmes tombaient silencieusement dans l’ambiance du café en faisant de grandes grandes vagues, et les filles reposaient leurs yeux dans leur livres tristes doucement (comme on cesse d‘espionner une conversation quand c’est le temps, très, très discrètement). Quelque chose s’était brisé et risquait de s’éparpiller, pourtant elle restait entière et tellement vraie.
 
Elle s’est levée, laissant les deux cafés fumer seuls, abandonnés. J’avais envie d’en prendre un, de crier à quelqu’un de prendre l’autre, j’avais envie d’adopter vite ce silence cette chaleur cette brisure, tellement elle était délicate, tellement elle était belle. J’avais envie de regarder ce café fumer toute l’éternité.
 
Elle s’est levée et il s’est mis soudainement à pleuvoir très fort.
 
Tout le monde a tout d’un coup regardé dehors puis nous nous sommes regardés, soulagés, comme si nous partagions une petite misère (comme les gens aiment partager de petites misères), mais je crois que personne ne savait.
 
Elle est sortie discrètement dans la pluie et dehors personne ne savait non plus. Personne ne savait qu’elle était belle et qu’elle pleurait. Personne ne savait que des larmes qui tombent font des vagues, qu’elle se tenait au milieu d’une mer tranquille et juste assez saline pour laisser flotter, pour supporter la beauté. Personne ne savais que, contrairement à elle, la pluie ne fait pas de vague. Que la pluie tombe, s’écrase, s’éparpille et meurt, simplement. C'est pour ça je pense que les gens préfèrent la pluie aux larmes, c'est moins compliqué.
 
Elle est sortie et elle a marché, vivante sous l'averse, la tête baissée.
 
Et j’ai regardé les deux cafés qui fumaient seuls, tranquillement.
 
Et j’ai terminé mon livre triste de jour de congé,
 
et j’ai pleuré.

jeudi 28 avril 2011

La fille à la basse.

J’étais assise à une table juste cachée un peu, pas trop sur le bord du mur mais pas trop dans l’milieu non plus. C’était une soirée jam. Tout l’monde bougeait là-dedans avec son instrument comme s‘il savait où il s‘en allait exactement. Pour moi les jams ça tiens toujours un peu du mystère, que mis sur une scène avec des instruments, tout plein d’inconnus semblent tout d’un coup se connaître et savoir où ils sont et où ils s’en vont, parfaitement.
 
Tout dans la vie devrait être comme un jam bien réussi. On devrait toujours se sentir autant à sa place on devrait toujours sentir que ça fait autant de sens qu‘on se connaît qu‘on sait où on est exactement et où on s‘en va.
 
C’était
super
beau.
 
J’étais assise pas trop sur le bord du mur mais pas trop dans l’milieu non plus, juste assez dans le noir pour que les musiciens ne puissent pas me regarder dans les yeux mais assez dans la lumière pour qu’ils me voient taper du pied et chanter avec eux un peu. J’étais juste assez bien cachée pour ne pas trop être seule mais quand même seule un peu. Je buvais beaucoup beaucoup de bière j’écoutais la belle musique je regardais les gens descendre-monter de la scène changer d’instruments pis faire d’la belle musique encore tout l'temps. Dans les super beaux moments, ceux où tout était en parfait harmonie, la guitare nous tirait le bras nous disait vient-en suis moi le drum pompait notre sang donnait des coups de pieds sous nos corps fatigués réveillait notre peau la basse sur son dos frappait plus fort soulignait le passage du sang dans chaque partie de notre corps pis dans notre coeur qui se laissait bercer balancer par la voix rauque douce qui chuchotait qui criait et le clavier nous faisait tourner nous tordait les oreilles nous flattait le corps, y avait pu personne pis tout l’monde était tout l’monde en même temps, y avait pu chose pis son ex pis l’autre qui la trouve de son goût pis elle qui regarde son chum avec des yeux plein d’peine pis elle qui regarde l’autre avec des yeux plein d’amour pis les deux là qu’y se r’gardent un peu pis celles qui se trouvent belle pis ceux qui l‘sont pas ceux qu‘on regarde pas. Y avait juste une gang de monde qui tapent du pied pis qui sourient un peu dans leur têtes, des têtes pleines de sourires pis d’yeux semi-ouverts, des corps rempli d‘yeux pis de sourires. Tout dans la vie devrait être comme un jam bien réussi.
 
Mais c’qui avait d’encore mieux d‘encore plus beau, c’était la fille aux cheveux longs qui jouait de la basse. Tout dans la vie devrait être comme un jam bien réussi avec une fille comme elle avec ses cheveux longs qui joue de la basse vraiment bien.
 
C’était super beau.
 
C’était comme si tout d’un coup on se connaissait pis on savait où on s’en allait exactement. Comme si à elle toute seule elle me tirait le bras elle me disait vient-en-suis-moi qu’elle pompait mon sang qu’elle donnait des coups de pieds sous mon corps fatigué réveillait ma peau frappait plus fort pour souligner le passage du sang dans chaque partie de mon corps dans mon petit coeur puis me berçait me balançait, douce, rauque, chuchotais criait me faisait tourner me tordait les oreilles et me flattait l’corps.
Tout en même temps.
 
On ne se regardait pas dans les yeux mais je chantais avec elle pis je tapais des mains un peu. J’étais juste assez toute seule. Elle avait les yeux semi-ouverts pis elle jouait d’la basse vraiment bien au travers de ses ch'veux. J'pense qu'on souriait dans nos têtes, un peu.
 
J’étais assis à une table pas trop cachée sur le bord du mur mais pas trop dans l’milieu non plus.
 
C’était une soirée jam c’était super beau.
 
Elle je l’avais vu passer dans la soirée plus tôt je l’avais même pas remarqué j’avais tourné la tête y en avait d’autre plus belles mieux habillées, celles avec des belles jupes avec des gros zippers noirs pis des beaux collants pis des belles camisoles d’été pis des bottes de cowboy, genre. Y en avait d’autres plus belles que je ne regardais pas aussi. Y avait plein de garçons qui regardaient trop pis y avait ceux qui regardaient pas.
De tous, ceux là c’était eux les plus beaux.
 
Au travers de la foule dans le bar la fille aux cheveux long qui joue de la basse avait l’air de rien qu’une fille aux cheveux long parce qu’on savait pas qu’elle jouait de la basse. C’est ça qui est beau c’est quand on attrape une partie du mystère pis qu’on le tiens juste un peu qu’on le touche du bout des doigts. Sur scène le monde devient comme mieux plus vivant, tout, dans la vie, devrait se passer comme sur la scène d’un jam bien réussi.
 
Sur scène elle s’est animée, les yeux semi-fermés, c’est comme s’ils s’étaient ouverts pourtant, je l’aurais juré. Elle avait une partie du mystère entre les doigts même si ça paraissait pas pis elle nous le jouait sur sa basse.
 
C’était super beau.
 
Tout l’monde souriait un peu en claquant des mains en tapant du pied on était un grand sourire des grande lèvres semi-ouvertes c’est comme si on avait ouvert un grand vortex on était plus beau que la pluie qui tombait dehors c’était le déluge dans nos corps on faisait le même son que l’eau qui tombait du ciel sur le sol mais en mieux, elle était la plus belle dans notre vortex elle était la paire d’yeux elle était drette dans le milieu elle était la reine Toulmonde elle jouait d‘la basse merveilleusement bien elle nous dirigeait elle nous disait c’est dans ce sens là qui faut aller mais comme quelqu’un qui venait juste de le trouver elle nous jouait c’est vers là qui faut aller toulmonde, j‘vous l‘promet.

Pis on l'écoutait.
 
Le temps s’était comme mis à danser on se sentait tout nu du dedans tout s’était changé en un grand sourire nos corps étaient comme deux grandes lèvres grandes ouvertes on partageait la sensibilité de toulmonde qui tapait des mains qui bougeait les lèvres qui répétait j’vous l’promet j’vous l’promet j’vous l’promet.
 
J’suis sure que sur son corps tout nu à elle en d’ssous de son t-shirt gris y avait un gros zipper noir qui partait du dessous de ses seins jusque bas bas dans l’bas de son ventre. J’suis sure qu’en dedans y avait toute nos dedans qui étaient vidés de la regarder jouer. Dans son ventre y devait y avoir quelque chose comme toute notre nudité.
 
Tsé dans la vie, tout devrait être comme un jam bien réussi.
 
Ça serait super beau.
 
On devrait tous jouer d’la basse pis sentir nos extérieurs vibrer pis nos dedans jusque dans l’bas de nos ventres bien remplis de sourires pis d‘yeux semi-fermés.

lundi 25 avril 2011

pis joyeuse pâques




Des fois je l’sais j’écris des choses que les gens comprennent pas mais ça m’dérange pas pantoute pantoute. Je serais vraiment heureuse si les gens comprenaient juste ce qu’ils veulent comprendre. C’est tout.


J’voudrais que mes mots soient comme un frame pour c’que vous voulez comprendre juste ça. Un p’tit frame ou un grand frame beau ou laite ça dépend des jours pis du monde ça m’dérange pas pantoute pantoute j’aime ça écrire des choses que les gens comprennent pas.


Aujourd’hui j'dirais par exemple quelque chose de ben simple, quelque chose que tu comprendras p’têtre comme :


J’m’endure pas
J'pense que je fais une indigestion
de moi
pis de chocolat


Pis j’te donne la permission de prendre ça comme un beau frame
pis de dessiner un grand cœur dedans
pis tu peux même te l’offrir à toi de moi.
ou à moi de toi tout dépendant.


C’pas si dur que ça tu vois.


Pis si t’as rien à faire à soir tu peux même t’assoir à terre pis faire un grand casse-tête avec toute ça, ça va être beau beau tu te dessineras c’que tu veux tu mettras plein d’couleurs ou pas, plein d’ordre ou pas dans mes p’tites pattes de lettres pliées pis drettes. Tu peux toute les déplier ou les croiser ou les ouvrir grand grand jusqu’à les déchirer, ça m’dérange pas pantoute pantoute, fait moi juste que’que chose à ton goût fait moi un beau dessin avec ma tête-cassée.
Pis p’têtre qu’à soir j’m’endurerai mieux sans savoir pourquoi
pis p’têtre que ça va être grâce à toi.

Pssst, tu va voir à soir quand tu va t'assoir à terre pour me faire un beau casse-tête que dans c'te frame là y a beaucoup de pis pis de pantoute (j’suis ben d’accord avec toi). 
Ben si ça te tente mais juste si ça te tente, pourrais-tu les prendre pis m’en faire une belle robe bleue? M’semble que ça s’rait beau une robe de pis-bleus. Avec les pantoute j'sais pas, fais c'que tu veux, une bobette en dentelle ou des souliers.


Merci ben en avance en tout cas.


Pis Joyeuse Pâques

samedi 23 avril 2011

Belle corbeau.


J’ai appris qu’y faisait pas beau dehors sur facebook parce que j’me lève pas aujourd’hui je passe une journée-nuit. J’entends le monde passer comme des gros animaux à côté de ma p’tite fenêtre mouillée à la hauteur du sol j’me demande qu’est-ce qu’y font à passer à côté de ma p’tite fenêtre mouillée pendant la journée-nuit y devraient rester couché y fait pas beau.
 
Ça doit puer dans ma chambre la vieille halène d’la veille j’suis rentré sans me brosser les dents j’me suis passé l’index sur les grosses dents pis j’me suis couchée pis j’suis disparue pis j’ai rêvé comme une débile à plein d‘affaire bizarres-belles. Ça doit puer dans ma chambre les maudits ani-maux d’la veille. Mon ventre fait tellement de bruit c’est la guerre comme la guerre jour-nuit c’est genre poutine-fruits j’me vire de bord pour étouffer la bataille dans le lit. Y a pas de gagnants pendant les journées-nuits c’est juste plein d’ani-maux qui passent pis qui font trop de bruit.
 
J’me sens comme pas bien j’ai des images dans tête des photos pis des mots j’espère que toute me reviens pis en même temps j’espère que non. J’ai rêvé à plein d’affaires bizarres-belles ce matin toute se mélange mais je l’sais c’qui est vrai pis c’qui l’est pas je l’sais c’que j’peux pis c’que j’peux pas c’est la guerre dans ma tête la guerre jour-nuit c’est genre tête contre coeur j’me vire de bord pour étouffer la bataille dans le lit mais on dirait que mon lit dit comme non, mes draps sont fâchés y m’serrent j’suis pris de toute façon y à pas de gagnants pendant les journées-nuits.
 
J’me rappelle qu’on était belles comme deux corbeaux on marchait su l’bord des p’tites fenêtres mouillées à la hauteur du sol on courait su l’trottoir les ch’veux dans l’vent on était deux belles corbelles avec nos longues jambes blanches pis nos gros manteaux c’tai beau c’tait beau j’me rappelle que je voulais tuer mes talons hauts à coup de marteau pour être moins belle pour être moins beau pour être moins corbelle mais plus corbeau. Pour elle, j‘me rapp-elle.
 
On était comme deux oiseaux avec plein de belles plumes plein de belle peau sur nos corps de dem-oiselles oiseau beaux beaux. Y a pas de gagnants les jours-nuit toute est vrai toute est faux toute c’qui a dans l’bedon pis dans tête pis dans le coeur. Aujour-nuit ça fait comme un mélange d’oiseau-poutine comme un oiseau ben ben chaud pis super bon que’que chose comme deux belles peaux d’oiselles qui goutent la même chose genre super super bon super chaud.
 
J’ai appris qu’y faisait pas beau dehors sur facebook parce que j’me lève pas aujourd’hui j’passe une journée-nuit pour que toute soit vrai encore un peu pour qu’au moins j’perde pas que j’te perde pas ma p’tite corbelle que j’te perde pas dans mon sommeil ma p’tite corbeille-belle pleine de dodo pleine de mots pleine d’air frais pis de mains pis de doigts pis de toi-elle. T’es une belle toile c’est ça drette comme la couleur de mes murs dans ma journée-nuit pis couchée dans mon lit j’entends à côté de mon p’tit nid mouillé plein de corbeaux passer. Ça m’fait penser à ça, ça m’fait penser à toi-elle.
 
C’est la guerre dans mon lit j’pense pas que j’vais gagner même pas demain quand ce sera plus jour-nuit. J’pense que j’va pas tuer mes talons haut parce que ça m’tiens que’que part en haut pis que c’est logique avec les oiseaux p’têtre que j’va être trop elle p’têtre que j’va être trop oiselle pis qu’à cause de ça ça marchera jamais avec les oiseaux. Esti tout l’monde doit se dire est folle elle, non dites don est folle eau. Y a quelque chose qui fitte tellement beau entre l’elle pis l’eau c’est comme l’eau dans le ciel qui est l’aile des eaux (hein hein). On est rendu loin en crime mais suivez moé, suis moé don on va être deux belles p’tites corbelles au dessus des eaux pis j’va être contente parce que j’va jouer avec les mots pis tu va être contente parce que tu vas te sentir proche du beau de la nature on va être contente toutes les deux pis j’serai pas obligé de tuer mes talons haut.
 
Est folle eau, j’suis folle d’elle. Y a que’que chose qui fitte tellement beau entre l’elle pis l’eau, je suis d’accord quand tu dis c’est beau je comprends maintenant j’fais le parall-elle. Paral-l’aile tu comprends, c’est moi pis elle qui vole qui vole au d’ssus de l’eau avec nos belles peaux qui goutent chaud nos beaux pelles pour détruite les maudits talons-hauts.
 
Tu comprends tu, j’suis contente parce que je joue avec les mots.
 

Faudrait que j’t’amène que’que part où c’est beau pour que tu sois contente avec, mais j’pas bonne là-dedans,
j’connais juste la hauteur du sol pis un peu plus haut.
On pourrait faire une ride de talons-hauts.
 
De toute façon dehors y fait pas belle.
De toute façon t’es beau
De toute façon on est jour-nuit
De toute façon j'fais juste rêver à plein d’affaires bizarres-belles-beaux
De toute façon j'fais juste rêver à des corps-beaux
De toute façon j'hais les corbeaux
De toute façon t’es belle-beau encore oui
De toute façon pour vrai j’hais les talons-hauts
De toute façon demain y annonce soleil en sol-eau
 
 
Pis de toute façon j’ai toute oublié quand le jour-nuit s’est couché (J’te jure)

il avait quelque chose de parfait comme le ciel (pourtant)


Elle se tient debout
dos à la fenêtre
elle attends
la tête légèrement baissée
elle se soumet
debout
les yeux fermés
sa robe bleue flotte dans le vent
il la caresse
elle n’aurait jamais fait ça avant
 
elle étire les bras
il peut lui faire
tout
ce qu’il veut maintenant
 
elle attends debout
dos à la fenêtre
les yeux fermés
la tête légèrement baissée
 
elle sent chaque inspiration
sa robe serre son ventre
puis se détends
elle change
à chaque expiration
elle rapetisse
tranquillement

sa robe s’allonge à mesure qu’elle respire\rapetisse
elle vole dans le vent, la robe
elle, attends


son corps devient tout petit
sa robe bleue glisse sort danse par la fenêtre
le ciel est bleu
comme elle
elles disparaissent
 
il la frappe doucement
fait sortir des cheveux de son chignon
ils fouettent sa peau
tombent sur son visage fermé
juste assez un petit peu de nuages
dans le ciel parfait bleu ciel
 
elle baisse les bras
 
recule d’un pas
 
verse la tête par en arrière
sa gorge
offert-étirée
 
ses épaules descendent
chaque fois qu’elle expire
son cou allonge
sa tête tom-belles tomb-elle s’offre
toute petite
elle vole
dans le ciel bleu ciel
 
il fouette sa peau
elle tomb-elle vole
belle
elle se demande si le ciel veut d’elle
si sa robe est assez bleue
elle se demande s’il est heureux
en tout cas
il peut lui faire ce qu’il veut
dans son parfait bleu ciel.

jeudi 21 avril 2011

p'tits pots cassés.


Ce soir on va écouter d’la musique dans une grande salle pleine de lumières qui flashent vite avec plein de monde qui bougent pis qui se rentrent dedans mais c’est pas grave si on a bu juste assez pour pas s’écœurer. On va écouter d’la belle musique qui donne envie de fermer les yeux pis de rêver pis de se sentir ailleurs un peu même si on est dans une grande salle pleine de lumières qui flashent vite comme dans une machine pour aller ailleurs dans l’temps avec plein de monde qui bougent en même temps en fermant les yeux pis en bougeant les bras pis les jambes pis les ch'veux.
 
Ce soir on va écouter d’la musique avec des roches dans les poches pis de l’amour en pot dans nos sacoches, on va s’accrocher fort à nos sacoches ça va faire gling gling gling l’amour en pot pis les bracelets qui s’accrochent mais on entendra rien parce qu’on va écouter d’la musique ben fort qui donne envie de fermer les yeux pis de rêver pis de se sentir ailleurs un peu.
 
P’têtre que la soirée va avancer en même temps qu’nous si à veut pis qu’on va se sentir bien collé si on est pas trop écoeuré, comme une grande vague on va danser à gauche pis à droite pis on va faire gling gling gling on va s’accrocher en silence dans le bruit tous ensemble les yeux fermés par boutte, quand ça va être vraiment beau pis que ça va dire des phrases qui nous amènent ailleurs un peu.
 
P’têtre que la soirée va avancer pis qu’on va se sentir bien collé pis qu’on va bouger de plus en plus jusqu’à sauter p’têtre qu’on va mettre nos sacoches à terre pis qu’on va danser en rond autour de nos amours en pots p’têtre que quelqu’un d’é-coeuré va piler dessus pis péter un ou deux p’tits pots, p’têtre qu’on va être trop chaud pis qu’on va pas se rappeler de nos amours brisés.
 
Y a des amours qu’on amène dans nos sacoches quand on a l’coeur écoeuré pour les perdre sans faire exprès sans s’en rappeler dans une grande salle pleine de lumières qui flashent vite avec plein de monde qui bougent bien tous ensemble. C’est beau de laisser aller ces amours là dans des endroits comme ça, ils meurent bien ils meurent beau dans les lumières pis dans la musique qui fait fermer les yeux.
 
Les amours en pots se perdent on ferme les yeux pour se sentir ailleurs juste encore un peu.
 
J’fini souvent la soirée nu pieds j’ai trop l’goût de danser en fermant les yeux pis en me jouant dans les ch'veux, des fois j’me pique les orteils sur des p’tits amours cassés ça monte jusque dans la tête de mon coeur ça m’rappelle toujours comme une vieille grande peine passée. Ça m’é-coeur les amours en pots brisés. Ça m'é-coeur.


À soir on va écouter d’la belle musique pis j’va fermer les yeux pour les oublier un peu pis j’va boire juste assez pour pas m’é-coeurer.