lundi 16 mai 2011
Y a comme un vortex dans le fin fond des fins de soirées.
- Eille.
- Quoi.
- C’est quoi ton plus grand rêve?
- Ahah, t’es bizarre toi.
- Quoi j’aurais du te demander qu’est-ce que tu fais dans vie ou ben comment y va faire demain? Attends je l'sais.
- Demain y va mouiller.
- Wow un magicien j'capote.
Y a comme un vortex au fond des fins de soirées pis quand tu te rends là jusqu’au fond, des fois tu t’en rappelle pas des fois t’aimerais mieux pas des fois t’as mal des fois t’as des bleus pis tu sais pas pourquoi, des fois t’as comme un grand bien qui te rempli l’intérieur des fois c’est plus comme un malaxeur qui te broie l'dedans, tu te réveille ça splash ton dedans tout rose partout dans ton appartement, pourtant tout est gris tout est bleu, tout est trop grand.
Y a comme un vortex au fond des fins de soirées pis des fois, on tombe dedans. On découvre une autre dimension qui nous donne une brève définition de l'infini.
- Mon plus grand rêve c’est de voler.
- Hon, un p'tit garçon. Sérieux?
Un soir j'suis tombée dedans on était deux dans le fond de la fin de la soirée pis on s’est touché l'dedans des mains pis les doigts. On s’est flatté les doigts juste ça. J’ai fermé les yeux pis j’me suis laissé avaler pis ça pas duré longtemps pis j’suis partie sans me retourner en tanguant pis en criant bonne-fin-de-soirée. Les vortex ça dure deux minutes pis ça dure une éternité, après tu te réveille un peu plus vieux pis ben poqué. Si t’es chanceux tu te rappelle que t’y a touché, à l’éternité. Pis t’es triste parce que c’est passé. Pis là t'es tout plein d'bien ou (plus souvent) le malaxeur part pis bbrrrrrrgrgrrrrrrrrrrkgrrrrrr ça splash pis c'est tout gris pareil.
- Quoi?
- Quoi? Y faudrait que j’te dise de quoi?
- Non, t’as ben raison.
Pis tu te rends toujours plus creux dans le fond des fins de soirées parce que t’espères, t’espères fort un brin d’éternité qui va te permettre de continuer d’espérer, tu souhaites fort pouvoir plonger dedans pis jamais te réveiller. Tu cherches les doigts les plus beaux qui vont plier ton corps-papier-froissé juste comme il faut en petit avion, qui vont te faire voler. Tu cherches les doigts les plus beaux qui vont juste bien fitter, tu cherches à ce que la seule chose qui te rapproche du ciel soit pas les lendemains gris et bleus tu cherches à rêver,
à voler.
- Eille.
- Quoi?
- Merci.
(pour l'éternité)
(ouin je l'sais j'suis fuckée)
(Des fois j'me sens comme une p'tite boule de papier ben ben pliée en tout p'tit toute serrée prête à être pichnotée).
Heureusement des fois y a comme un vortex dans le fin fond des fins de soirées
qui permet d'espérer.
Pis j'te l'ai pas dis mais tes doigts sont doux
pis moi aussi, mon plus grand rêve c'est de voler.
T'es tu bon dans les avions en papier?
Je l'sais, le truc avec les vortex c'est que tu peux pas y retourner.
vendredi 13 mai 2011
Désir-goupille sur ma cheville.
Mon désir à tenté de s’échapper.
Il s’est faufilé à l’extérieur de mon ventre par le milieu de mes jambes.
Il s'est perdu.
Quand elles se sont mises à parler à s’excuser, il s’est glissé jusqu’à mes chevilles et il a hésité.
Il a peur de mourir seul.
Il s’est accroché à ma cheville.
Il parle en même temps que mes jambes, s’excuse avec elles, quand elles battent des ailes fort grand pour s’envoler.
Il est trop lourd sur mes pieds, il empêche le bas de mon ventre de monter de voler d’exploser.
Ensemble on s'excuse de ça.
Mon désir à tenté de s’échapper.
Il s’est glissé jusqu’à mes chevilles et il a changé d’idée.
Il se tient comme une goupille sur le haut de mon pied mais s’accroche, fragile, comme un petit bracelet de chance mal tissé.
Il ne veut pas mourir seul.
Mon désir rêve de rire, de s’esclaffer.
Il s’est perdu.
Il à changé d’idée.
Moi j’le vois mais j’lui parle pas je l'excuse pas.
Y avait juste à pas se faufiler y avait juste à rester.
Moi je l’sais comment le retrouver mais je l’aide pas.
J’sais pas
j’ai comme peur
d’exploser.
C'est l'été j'suis pognée avec un Boeing dans l'ventre pour la journée.
Aujourd’hui c’est l’été. On se promène tous la nuque à poil les ch’veux qui trainent dedans qui chatouillent. Aujourd'hui c'est l'été, les nuques sont à poil les ch'veux courts sont agace. Y a plein de belles personnes à moitié déshabillées qui marchent partout dans les rues des beaux corps avec des grosses lunettes fumées pis des p’tits ch’veux fous pis des ventres chauds.
Des fois y a un corps plus beau qu’l’autre mais vraiment plus beau de loin y sent comme Varadero. Dans c’temps là j’met mon bras devant mes yeux pour me cacher du soleil, pis y passe un gros gros avion qui part de ma tête qui monte dans mon poignet pis qui fly super vite jusque dans ma poitrine pis qui atterri là ou ben qui tombe du ciel à ma tête à mon ventre directement j'sais pas.
Aujourd’hui c’est l’été on s’promène les nuques toutes nues toutes collées les ventres chauds pis j’me sens lourde d’avoir un gros avion dans l’corps d’être pognée avec un Boeing dans l’ventre pour la journée.
Mais c’est normal aujourd’hui c’est l’été c’est les vacances y fait chaud pis les corps sont beaux, tout l’monde s’ramasse pogné avec des avions plus ou moins gros.
Mais c'est normal aujourd'hui c'est l'été tout l‘monde rêve d‘un p‘tit tour d‘avion la nuque à poil dans un beau ventre chaud.
Aujourd'hui c'est l'été, y a plein de belles personnes à moitié déshabillées qui marchent partout dans les rues des beaux corps avec des grosses lunettes fumées pis des p’tits ch’veux fous pis des ventres chauds
y s'cherchent des passagers.
Des fois y a un corps plus beau qu’l’autre mais vraiment plus beau de loin y sent comme Varadero. Dans c’temps là j’met mon bras devant mes yeux pour me cacher du soleil, pis y passe un gros gros avion qui part de ma tête qui monte dans mon poignet pis qui fly super vite jusque dans ma poitrine pis qui atterri là ou ben qui tombe du ciel à ma tête à mon ventre directement j'sais pas.
Aujourd’hui c’est l’été on s’promène les nuques toutes nues toutes collées les ventres chauds pis j’me sens lourde d’avoir un gros avion dans l’corps d’être pognée avec un Boeing dans l’ventre pour la journée.
Mais c’est normal aujourd’hui c’est l’été c’est les vacances y fait chaud pis les corps sont beaux, tout l’monde s’ramasse pogné avec des avions plus ou moins gros.
Mais c'est normal aujourd'hui c'est l'été tout l‘monde rêve d‘un p‘tit tour d‘avion la nuque à poil dans un beau ventre chaud.
Aujourd'hui c'est l'été, y a plein de belles personnes à moitié déshabillées qui marchent partout dans les rues des beaux corps avec des grosses lunettes fumées pis des p’tits ch’veux fous pis des ventres chauds
y s'cherchent des passagers.
mardi 10 mai 2011
Tous les p'tits gars ont une histoire de grenouille
Un jour quand j’tais p’tite à l’épicerie j’ai demandé à mon père qui chantait tout bas
- Cé qui le monsieur qui chante à la radio?
Il a ri, alors j’ai compris que j’avais dis une connerie.
- C’est pas un monsieur, c’est une femme.
- Elle s’appelle Janis.
Je pense que j’ai rien dit parce que je m’en voulais d’avoir dis une connerie.
Il fallait savoir qui était Janis, c’était évident.
Mon père m’a aussi dit un peu plus tard qu’il fallait faire attention aux p’tits gars parce qu’ils étaient méchants des fois. Il m’a dit ça dans l’temps où j’portais des chandails bédaine. Il m’a dit ça en cuisinant.
- Je veux que tu comprenne pourquoi je suis dur des fois avec toi.
C’était à cause des p’tits gars. C’était à cause qu’il avait déjà été un p’tit gars et que
-Je sais c’est quoi être un p’tit gars.
Je sais toujours pas vraiment ça veut dire quoi.
J’ai une amie qui à dit l’autre fois à un gars
- Tu dois déjà avoir tué une grenouille toi.
Il l’a regardé pis j’me suis dis c’est d’la magie.
- Euh, ouais comment tu sais ça?
Elle a dit
-Tous les gars ont une histoire de grenouille.
C’est p’t’être ça qu’il voulait dire par je sais c’est quoi être un petit gars.
Il a dit
- C’était pas ma faute, c’était la faute d’une fille.
C’est toujours la faute d’une fille quand c’est la faute d’un gars.
C‘est p‘t‘être ça aussi, qu‘il voulait dire.
C’est fou comme on change
mais qu’on change pas.
Aujourd’hui quand je rencontre un gars et qu’il me parle de musique
Je lui dis toujours que je connais déjà.
- Oh oui j’adore ça.
Ou
- Oui j’ai déjà entendu.
Quand j‘suis vraiment pas sure.
Y a plus un gars qui m’a regardé en riant comme si on était dans une épicerie.
Après j’aime la musique pour vrai comme j’aime Janis maintenant.
Ça fait que j’écoute plein de bonne musique maintenant, des musiques pour tous mes amants.
Des musiques-grenouilles de gentils et de méchants.
J’ai compris que la musique, c’était délicat.
C’est fou comme ça change pis que c’est toujours pareil en même temps.
Les chandails bédaine reviennent à la mode mais ils appellent ça des cropped tee maintenant.
C’est comme les p’tits garçons méchants qui deviennent grands.
Ils sont méchants pareil.
Et c’est toujours la faute d’une fille quand c’est la faute des méchants.
L’autre jour j’suis revenue de l’épicerie à pied avec mes sacs trop lourds
Pis je les ai levé chacun leur tours comme si c’était des poids.
10 à gauche 10 à droite 1 2 3 4... Take an other peace of my heart..
Mon chum m’a dit que je devais avoir l’air folle mais j’men fou
Mon papa faisait ça.
Pis je chante en cachette parce que j'ai peur d'avoir l'air folle
(mais ça mon papa le faisait pas).
Si je tuais une grenouille est-ce que ça changerait quelque chose?
Est-ce que je comprendrais mieux les gars?
Pis tsé quand elle dit
Freedom is just another word for nothing left to lose
Nothing, don't mean nithing honey if it ain't free
Yeah, an'feeling good was easy, Lord, when he sang the blues,
You know feeling goof was good enough for me, hm hmm
Good enough for me and my Bobby McGee..
J'trouve ça vraiment beau, j'peux pas m'enlever ce boutte là d'la tête.
Quand j'suis cachée dans ma chambre je l'chante souvent.
Plus tard quand ma fille portera un cropped tee ou peu importe le truc qu'elle va porter qui va montrer son ventre
je lui dirai en cuisinant
- Janis c'était une femme extraordinaire.
- Pis y faut vraiment que tu essaie de mettre une cigarette dans la bouche d'une grenouille.
Pis on verra.
lundi 9 mai 2011
Métro de Béring
Quand toutes mes affaires, comme mon p’tit moi éparpillé et empaqueté bien tapé, seront arrivées à Montréal, j’me dépaquèterai. J’me dépaquèterai encore comme à chaque année pis qui sait c’que j’va trouver, on trouve toujours plein de choses qu’on avait perdu\oublié dans les boîtes de déménagement. On trouve plein de trésors mais y a plein de choses qu’on ne retrouve plus jamais aussi. J’aimerais perdre mon nez avec sa bosse et ne plus le retrouver jamais. J’aimerais le perdre avec mes p’tits orteils croches. J’aimerais perdre ma mauvaise humeur et ma colère aussi quelque part sur la 20 avec mes p‘tits orteils croches et mon nez en bosse. On les prendraient pour des p‘tites roches qui trainent sur le bord de l‘autoroute pis ça serait ben correct comme ça. J’aimerais trouver plein de bonheur. Du bonheur qui se serait caché entre mes orteils croche. Du bonheur qui serait resté pris dans l’dedans de ma tête qui attendait qu’on regarde sous mon nez avec une bosse. Du bonheur pis d’la bonne humeur cachés que’que part qui étaient bien bien empaqu’tés depuis que’ques années peut-être. Pis du désir, pis d'l'amour, qui s'raient tombés et qui se seraient accrochés à mes chevilles comme un p'tit bracelet de la chance fragile.
Quand toute mon p’tit moi dépaqueté arrivera à Montréal et s’ra bien installé dépoussiéré, la première chose que j’va faire c’est aller écouter la mer.
Métro Pie-IX, j’va m’accoter dans le fond d’un wagon, dos à une porte grillagée. J’va mettre the Wolves Act I et II dans l’piton dans mes oreilles. Le métro va partir, y va s’mettre à venter, j’va fermer les yeux, ça va sentir mes cheveux pis j’va entendre la mer, elle va passer au travers de mon corps-coquillage. J’va faire comme y disaient aux cours de natation, rentre-le-ventre-serre-les-fesses-tiens-toi-droit-regarde-le-plafond pis tu vas flotter.
Pis j’va flotter.
Pis j’va m’sentir légère comme la mer qui souffle qui chante au travers de mon corps-coquille.
Pis j’va chanter les yeux fermés avec elle pis Bon Iver dans ma tête.
5 minutes plus tard genre au métro Papineau, y va y avoir comme un bruit de portes de métro qui bougent à cause de la vitesse dans la chanson. J’va ouvrir les yeux pis émerger dans l’métro. Je vais remplir mes poumons d’air pis j’va skipper toutes les prochaines chansons à chaque 10 secondes en regardant tout l’monde. On va tous se sentir tous nus quand le métro va shaker pis qu’nos peaux vont brasser autour de nos corps. L’espace d’un instant nos coeur vont être 100 p’tits orbites empaquetés dans l’métro. Leurs empaquetages vont sauter sur le beat d'la musique pis revenir à leur place station Frontenac. Tous les regards vont se croiser au travers de leurs trajectoires-fil-d’araignée fenêtre-plafond-plancher-plan-du-métro-publicité. Tous les regards vont rester pris que’que part.
À Berri-UQAM mes jambes vont se rappeler de tout et se remettre à marcher vite machinalement.
Ma belle grande amie va m’attendre sur Saint-Denis. J’va la trouver en train de fumer une cigarette pis d’écouter de la musique au soleil assis dans les marches de l’université. On va se faire sourire. Elle va me donner un écouteur pis on va se mettre à marcher vers n‘importe où pis se retrouver devant une terrasse. Ça va être comme si c’était hier comme si c’était y a un an comme s’il ne s’était rien passé comme si je reprenais Montréal où je l’avais laissée pis que j‘lui disais oké tu peux être l‘été je suis arrivée.
On va se commander un premier pichet pis j’va r’commencer à fumer. Le temps qui s’était arrêté va reprendre vite, on va se sentir tanguer nos têtes vont tourner, on va rire on va marcher appeler des amis chanter les instruments des bonnes chansons pleines d’été au travers des milliers de lumières qui vont s’étirer, tout le monde va avoir la tête coloré on va s’noyer l’corps sur Saint-Denis au travers de milles poissons multicolores qui vont frayer vers le plateau pour fêter pour s’allumer encore on va devenir accro aux têtes colorées pis on va chanter encore.
À minuit et demi j’va commencer à m’en retourner.
J’va m’accoter contre la porte grillagée
j’va avoir du vent dans les cheveux
j’va fermer les yeux
pis j’va me laisser tomber su l’dos
pis j’va tomber drette au milieu de la mer de Berring.
Au petit matin j’va émerger.
Ça va être le même mal de tête, la même soif, le même mal-au-corps
qu’à Québec.
Sauf que maintenant,
j’ai la mer.
vendredi 6 mai 2011
J'aime les filles finalement
Ben oué j'change d'idée.
C'est pas vrai que j'aime pas les filles.
C'est l'monde en général que j'aime pas.
Au travers du monde en général par exemple y a plein de filles que j'aime full beaucoup.
Pis les filles que j'aime elles sont les plus belles.
Elles ont plein d'coeurs différents
y en a qui se battent fort d'autres qu'y peuvent pu d'autres avec des bras des chauds des froid d'autres qui ont peur y en a avec des pieds pour se sauver pis des amputés pognés des chiffonnés pis des tout neufs des qui veulent aller voir ailleurs pis des pris ben raide dans l'tracteur.
Y en a qui sourient pis y en a qui pleurent.
En tout cas y ont tous une géographie ben ben belle.
Ça vaut la peine de les visiter.
(même si y en a qui pensent qu'elles sont pas belles en d'dans)
(elles mentent elles aussi elles devraient apprendre à changer d'idée)
C'est jamais les même sentiers ni la même chanson dans l'air.
Y en a qui ont comme un ressac dans l'coeur pour d'autre c'est plus des bruits de moteurs.
Mais c'est oké.
En tout cas à Montréal quand tu ferme les yeux tu peux entendre les deux.
En tout cas ils sont tous à leur façon ben ben grands.
Comme elles sont toutes à leur façon ben ben grandes.
(elles vont rire les petites)
Je l'sais dans vie j'aime le monde en général vous aller penser que j'dis des menteries.
C'est juste que j'change d'idée ben ben souvent.
Aujourd'hui j'aime les filles finalement
Mais y a quand même plein plein d'filles que j'aime pas oubliez pas.
jeudi 5 mai 2011
Pendant c'temps là y neige à Saint-Henri
- Si ça sent la cigarette comme ça c'est parce qu'y mouille trop.
- J'comprends pas.
- Le voisin d'en d'sous fume dans sa salle de bain.
- Ouin pis?
- La boucane sort par nos tuyaux.
Ahahahah ostie qu'cé beau.
Y a le gars qui dis j'aurai pu jamais de papillons de toute façon.
Pis y a celui qui dit que les histoires de princes pis de princesses ça existe pas.
Y dit plus bas qu'y sait qu'sa blonde est déçue d'ça pis en même temps y a un peu de, elle doit être déçue de moi, juste un peu de.
Pis y a moi. Pis les histoires d'amour ça se raconte en tout cas.
J'lui d'mande au gars y s'cherche une fille comment.
Y m'réponds
Une fille qui va respecter le fait que j'sois un artiss pas si bon que ça, pis que c'est ben correct comme ça.
Y en a un qui veut s'en aller en politique.
Y en a un autre qui lui dit qu'il a d'la misère à gérer un chat (faque-un-cabinet-de-ministes-oubli-ça).
Y a moi. Maudit que j'suis triste du monde des fois.
On essaie de démêler la gauche d'la droite moi j'me dis pourquoi y en a un qui est frisé pis l'autre pas on essaye de démêler la gauche d'la droite moi, j'suis gauchère pis j'veux juste avancer, tout droit ou pas.
On essaye de démêler les vrais artiss des faux artiss
- Défini l'art enwaye défini,
Té fini l'art c'est subjectif, qu'y dit.
Pis y en a toujours un qui est frisé pis l'autre pas pis personne se demande pourquoi.
Y en a un qui dit une carte mère ça peut être de l'art ça.
Y en a un autre qui ri à mort.
Moi j'peins un ingénieur geek pis un politicien-au-chat-orange sur une belle toile dans ma tête,
pis j'la signe pas.
Moi j'me dis cé ça, on fait d'l'art su l'sofa du salon su l'bord du boulevard Pie IX tard tard le soir,
on est pas si bons que ça pis c'est ben ben correct comme ça.
Pis on est heureux.
Y en a un qui r'commence avec ses: enwaye on sort on sort tu on sort au Baptiste on va boire.
Y en a un autre qui dit y veut s'pogner des filles c'est pour ça.
Y dit (le premier) non j'aurai pu jamais de papillons de toute façon.
Eille eille eille ta peu, on est pas toute si bons que ça là-dedans,
Pis c'est ben correct comme ça.
Pis toute est ben ben correct comme ça,
pis y mouille à siot su l'boulevard Pie IX,
pis y neige que'que part à Saint-Henri,
surement.
- J'comprends pas.
- Le voisin d'en d'sous fume dans sa salle de bain.
- Ouin pis?
- La boucane sort par nos tuyaux.
Ahahahah ostie qu'cé beau.
Y a le gars qui dis j'aurai pu jamais de papillons de toute façon.
Pis y a celui qui dit que les histoires de princes pis de princesses ça existe pas.
Y dit plus bas qu'y sait qu'sa blonde est déçue d'ça pis en même temps y a un peu de, elle doit être déçue de moi, juste un peu de.
Pis y a moi. Pis les histoires d'amour ça se raconte en tout cas.
J'lui d'mande au gars y s'cherche une fille comment.
Y m'réponds
Une fille qui va respecter le fait que j'sois un artiss pas si bon que ça, pis que c'est ben correct comme ça.
Y en a un qui veut s'en aller en politique.
Y en a un autre qui lui dit qu'il a d'la misère à gérer un chat (faque-un-cabinet-de-ministes-oubli-ça).
Y a moi. Maudit que j'suis triste du monde des fois.
On essaie de démêler la gauche d'la droite moi j'me dis pourquoi y en a un qui est frisé pis l'autre pas on essaye de démêler la gauche d'la droite moi, j'suis gauchère pis j'veux juste avancer, tout droit ou pas.
On essaye de démêler les vrais artiss des faux artiss
- Défini l'art enwaye défini,
Té fini l'art c'est subjectif, qu'y dit.
Pis y en a toujours un qui est frisé pis l'autre pas pis personne se demande pourquoi.
Y en a un qui dit une carte mère ça peut être de l'art ça.
Y en a un autre qui ri à mort.
Moi j'peins un ingénieur geek pis un politicien-au-chat-orange sur une belle toile dans ma tête,
pis j'la signe pas.
Moi j'me dis cé ça, on fait d'l'art su l'sofa du salon su l'bord du boulevard Pie IX tard tard le soir,
on est pas si bons que ça pis c'est ben ben correct comme ça.
Pis on est heureux.
Y a plein de peintures pas signées sur les murs,
pis y a moi au milieu.
Y en a un qui r'commence avec ses: enwaye on sort on sort tu on sort au Baptiste on va boire.
Y en a un autre qui dit y veut s'pogner des filles c'est pour ça.
Y dit (le premier) non j'aurai pu jamais de papillons de toute façon.
Eille eille eille ta peu, on est pas toute si bons que ça là-dedans,
Pis c'est ben correct comme ça.
Pis toute est ben ben correct comme ça,
pis y mouille à siot su l'boulevard Pie IX,
pis y neige que'que part à Saint-Henri,
surement.
mardi 3 mai 2011
On the road again
Votre conductrice Marie-Ève vous attendra à 11h au Shell coin boulevard Laurier \Route de l’église dans une Corolla blanche 2004Départ pour
Montréal
J’étais assise sur le p’tit trottoir avec mon gros sac en tissu plein de bouffe pis de linge ouvert dans le parking (parce que j‘avais encore eu une crise de panique d‘avoir perdu mon cellulaire). Je venais de mâcher une Gravol au gingembre (la deuxième) qui est supposé enlever le goût de vomir mais qui pourtant me donnait vraiment le goût de vomir pis j’essayais d’avaler au moins une bouchée de ma salade de couscous ben trop pleine d‘ail avec un arrière goût de pas bon gingembre (parce que quand t’as le mal des transport faut pas que tu sois trop fatigué que tu sois assis en avant et que tu ais bien mangé faut que tu sois ben concentré etc). Le hic c’est que j’avais pas mangé depuis 2 jours parce que j’avais une sale gastro (comme on en a juste quand on est enfant tsé quand ta mère t’apporte du seven up dépétillé)
J’étais assise là donc, en plein milieu d’la place vraiment pas discrète parce que je m’efforçais juste de pas vomir partout dans le parking (pour être très délicate), à côté de Ève (la fille rousse aux cheveux longs avec des lunettes d’aviateur pis des jeans déchirés sur les genoux) qui s’en allait à un son premier cour à l’université avec Marie-Ève Corolla blanche 2004 comme moi (coté 3\5 sur la ponctualité)
À 11h57 y a une civic verte forêt qui est arrivé avec une fille pis un gars. Le gars est embarqué 3 minutes plus tard dans un autre char avec un gars qui était directeur des ventes pour des genre de jus qui font garder le poids santé si tu bois juste ça tout l’temps (?!?). Il était habillé en Point Zéro trop grand (genre j’ai maigri buvez de mon produit buvez en tous) avec des dragons pis des tatoos (sur le linge..), il était rasé et, ah oui je me rappelle, il conduisait une Echo grise 1999 rouillée, c‘était beau beau sarcastiquement parlant. J’me suis dis que le ciel était bon que je n’ai pas réservé une place dans ce char là (vomit assuré).
Donc le gars qui était arrivé avec la fille (un gars ben ’’normal’’ genre qui aurait pu être mon ami (ça explique pas la normalité je sais) avec une belle barbe pis ben c’est ça j’me rappelle juste de sa barbe), à mis son sac dans le coffre de l’Echo pendant que le gars en vêtements tatoués expliquait à un français de Chicoutimi et à une fille que j’ai vu juste de dos son truc de boisson qui fait maigrir pendant que les deux s’en foutaient royalement (c’est beau (triste-décourageant) comme certaines personnes ne voient pas le non-verbal des gens.
Le gars a dit bye à la fille (on va dire sa blonde) au travers de la fenêtre du conducteur. Elle avait la face toute rouge et pleurait beaucoup mais super silencieusement comme si elle voulait pas le déranger. Pis il est parti. Pis elle souriait en pleurant pendant qu‘il partait pis qu‘il la voyait encore. Je la regardais le regarder partir pis quand l’Echo à été rendue loin loin elle partie elle aussi.
4 minutes après (ponctualité 3\5 pour Marie-Ève) elle est revenue, s’est stationnée plus loin et est venue se poser avec un stylo pis un pad de papier sur le trottoir. Elle était en jogging avec un gros chandail à capuchon pis sa face était encore toute rouge. Elle s’est placée exactement où son chum (ou peut-être pas) était parti plus tôt pis elle a regardé dans le vide, pis elle a écrit. J’me suis dis qu’elle devait écrire une histoire dans laquelle j’étais, ça m’a fait drôle mais ça m’a fait du bien, pis ça m’a rappelé c’est comment de laisser quelqu’un qu’on aime partir en char pour loin, c‘est triste en maudit.
Mais ça m’a comme réconforté de savoir que je faisais partie d’une histoire même si j’me tenais là vraiment pas délicatement.
Après Ève m’a dit c’est pas normal qu’elle soit pas arrivée, je lui ai dis ouin mais elle est coté 3 pour la ponctualité. On a un peu ri pis j’ai dis oké je vais essayer de l’appeler. Son numéro marchait pas. Fuck you Marie-Ève, à cause de toi Ève va manquer son premier cour à l’université.
J’ai appelé Amigo express, ils m’ont mis sur garde parce que toutes les lignes étaient occupées pis ça m’a chanté dans l’oreille:
On the road again, goin’ places that I’ve never been, seein’ things that I may never see again, and I can’t wait to get on the road again... On the road again, like a band of gypsies we go down the highway, we’re the best of friends insisting that the world keep turning our way and our way...
Ça m’a fait sourire.
Pis Marie-Ève est jamais arrivée. Ponctualité 0 moi j’te dis.
Pis je l’sais pas si Ève à manqué son premier cour à l’université. Sa mère l’a chicané au téléphone, elle a dit c’est pas de ma faute maman (je l‘sais pas non plus si sa maman lui fait encore du seven up dépétillé). Quand elle a raccroché elle m’a dit bon ben, je vais prendre l’autobus même si j’ai pas d’argent. Elle est partie avec ses beaux cheveux longs orange pis ses jeans déchirés. J’me suis dis qu’elle était prête pour Montréal pis j’ai oublié de lui dire bonne chance, pour l’université.
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